Tesla Model Y – Expérience et analyse – Partie 2

Voici maintenant la conclusion de cette série d’articles sur la Model Y après avoir parcouru plus de 1,214 km avec le véhicule.

Pour un véhicule qui cible le marché des VUS, à l’exception de sa garde au sol de 16.7 cm (6.6″) qui est légèrement sous la moyenne des VUS, la Model Y a tout pour plaire. Avec ses 4 roues motrices, son très vaste espace de chargement, sa technologie, son autonomie et des performances dignes d’une voiture sport, la Tesla Model Y mérite sérieusement d’être considérée.

La conduite

S’il y a bien un domaine ou Tesla se démarque des autres constructeurs de VÉ, c’est bien au niveau de la conduite et la Model Y n’y fait pas exception. Même si la compétition s’améliore de plus en plus et commence à concurrencer ce créneau, la Model Y, tout comme le reste de la gamme Tesla, dispose encore d’une longueur d’avance au niveau de l’expérience de conduite, de sa technologie et de son vaste réseau de recharge.

Mon expérience

Sur la route, j’ai beaucoup apprécié son confort et ses performances. Pour un VUS, les accélérations sont époustouflantes et le plaisir de conduire est omniprésent. Toutefois, si vous n’avez pas besoin d’autant de rangement, ni d’une assise haute et que vous êtes à la recherche d’une conduite sportive, allez plutôt vers la Model 3. Cette dernière m’a paru plus agile et sportive avec une meilleure visibilité à l’arrière.

Pour ma part, j’ai préféré l’assise un peu plus haute de la Model Y, qui fut plus agréable pour mes jambes et pour la visibilité à l’avant comparativement à la Model 3. De plus, le coffre à hayon de la Model Y est beaucoup pratique que la version « berline » de la Model 3.

Par conséquent, au quotidien, j’ai trouvé la Model Y très polyvalente, autant pour voyager, travailler, bricoler ou s’amuser.

Autopilote
Ci-haut, l’affichage en mode nuit qui sollicite mon attention.

Le système d’auto-pilotage de Tesla est toujours impressionnant et demeure une référence. Il est sensiblement identique à celui offert sur la Model 3.

Lorsque qu’il est activé, le système demande de maintenir les mains sur le volant, au cas où. Après quelques instants, si la consigne n’est pas respectée, un affichage intermittent suivi d’effets sonores vous rappellent de « tourner légèrement le volant » question de sentir une résistance qui prouve que vous êtes bien alerte.

Si l’exigence n’est pas respectée, après plusieurs avertissements rapides, le système immobilise le véhicule et active les feux d’urgence.

Par conséquent, le système n’est pas encore autonome, mais il s’assure que vous êtes toujours alerte et fourni une assistance qui maintient le véhicule dans la voie tout en s’adaptant à la présence des autres véhicules. Il respecte les distances, et réagit plus rapidement que nous aux situations d’urgence.

Si le système peut nous éviter de fâcheuses conséquences à la suite de distractions, la vigilance demeure, puisque le système n’est pas parfait. Pour ma part, je considère ce système comme un complément à la conduite.

Depuis l’essai de la Model 3, et grâce aux mises à jour en ligne, le système reconnaît maintenant à l’écran plusieurs éléments dont les cônes oranges, les arrêts, les feux de circulation et même les poubelles en bordure de la route. Le système distingue également les piétons, cyclistes, motos et différents type de véhicules sur route.

Attention toutefois, le système ne réagit pas à tous ces détails, mais seulement aux obstacles qui pourraient vous barrer la route. Pour profiter des pleines capacités du système et celles à venir, vous devez acheter l’option d’auto-pilotage avancé, présentement offert pour la modique somme de $10,600 + taxes. Sinon, le système fonctionnera uniquement sur la route et ne respectera pas la signalisation telle que les arrêts ou les feux de circulation ou ne changera pas de voie automatiquement avec l’activation du clignotant. Le véhicule ne pourra également se stationner ou effectuer une sortie de garage automatiquement.

Ci-contre 3 variations d’affichage en mode nuit.

Ci-haut, à l’écran le système reconnait (à gauche) l’arrêt, (au centre) les poubelles sur roues, et (à droite) dans une zone de travaux, les feux de circulation qui étaient non fonctionnels, ainsi que les cônes oranges et un arrêt.

Sur la photo, l’affichage en mode jour, à une intersection.

On peut voir que le système a détecté la présence de 2 cyclistes, un piéton et une voiture qui s’éloigne.

Le système a détecté également la présence d’un feu de circulation qui est présentement au rouge ainsi qu’un autre feu de circulation à gauche pour une autre voie.

Le système identifie également une ligne d’arrêt devant la voiture.

Les commandes et affichage

Personnellement je préfère retrouver l’information principale directement derrière le volant, mais je dois admettre que je me suis habitué assez rapidement à l’affichage au centre du tableau de bord de la Model Y. Bien que très complet et bien regroupé par menu, l’écran demeure une source de distraction lorsqu’au volant. Les commandes vocales peuvent contourner le problème, mais l’accès demeure toujours moins rapide et intuitif qu’avec des boutons physiques. Même la boite à gants s’ouvre à partir de l’écran central.

L’écran central

La plus grande portion de l’écran à droite nous donne accès aux applications et aux multiples menus de commandes et de configurations, tandis que la portion noir du bas nous donne accès aux différents contrôles tels que le chauffage, l’audio, les graphiques, jeux et j’en passe.

La portion de gauche de l’écran nous donne l’information principale, que l’on retrouverait normalement derrière le volant, dont :

  • L’embrayage;
  • La vitesse ainsi que la limite;
  • L’état de charge de la batterie en % ou km estimé;
  • Le compteur journalier;
  • L’odomètre;

ainsi que quelques commandes de base, telles que :

  • l’activation de la caméra arrière;
  • le menu de recharge;
  • l’ouverture des coffres et du port de recharge;
  • les essuie-glaces;
  • les commandes vocales.

Toutefois, on ne retrouve pas toute l’information ou les commandes essentielles en même temps dans le même écran de gauche. Il faut encore changer les menus. Ainsi on pourrait ne pas pouvoir régler les essuie-glaces en un seul toucher alors qu’on est sur le menu de l’odomètre par exemple. Avec un peu de recul on réalise que les traditionnels leviers au volant étaient beaucoup plus intuitifs. De plus, le menu de commande vocale aurait pu être placé uniquement au volant.

Ci-haut, les commandes (en ordre de G à D) : de la caméra de recule, de la recharge, des commandes vocales et plus bas celle des essuie-glaces. Cet affichage dissimule les différents compteurs à droite. On ne peut visualiser qu’un seul de ces 3 menus à la fois.
Le GPS
Ci-haut, l’affichage en mode nuit, du GPS avec l’Autopilote activé (le volant blanc dans le cercle bleu à gauche sert de témoin de l’Autopilote).

Un autre point très apprécié sur la Model Y comme sur toutes les autres Tesla, la présence d’un immense GPS offrant le choix d’une vue en mode carte ou aérienne.

Ci-haut à gauche, le mode carte et à droite la même zone en vue aérienne.

Alimenté par Google, il demeure toutefois incompréhensible de ne pas pouvoir disposer de l’option « éviter les autoroutes » que l’on peut retrouver sur tous les autres GPS.

Autre avantage, lorsqu’on programme une destination, si elle se trouve au-delà de l’autonomie du véhicule, le calcul des arrêts et du temps de recharge aux Superchargeurs Tesla sera effectué automatiquement. Il est même possible de connaitre le nombre de bornes disponibles et les services offerts à ces endroits et tout cela directement à l’écran.

Autre élément qui rend le GPS de la Tesla des plus utile, c’est le lien avec son graphique d’énergie restante, planifiée vs réelle en fonction de la distance parcourue. Ce graphique est un outil formidable que tous les VE devraient offrir pour voyager. Étonnamment précis, si vous respectez les conditions routières normales et les limitations de vitesse, cela donne une très bonne idée de la capacité du véhicule.

Dans l’exemple ci-haut, la batterie de la Model Y était à 37% au départ et prévoyait une charge restante de 18% à destination (à 100 km selon le graph). À partir du 59e km, le graph nous recommande (en jaune) de commencer à prévoir une recharge. Si le risque de manquer d’énergie est anticipé, un tronçon de la courbe apparaîtra en rouge à la suite du jaune.

Au fur et à mesure que nous progressons sur la route, la boule blanche (au km 0 présentement) trace une nouvelle courbe qui tiendra compte des écarts que nous pourrions avoir réalisé en raison de vitesse plus ou moins élevée, de vents forts ou tout autre facteur qui pourraient avoir influencé la consommation. En général, l’écart n’est pas trop considérable, à moins de circonstances extrêmes.

Seul bémol, j’aurais préféré pouvoir obtenir simultanément à l’écran le GPS et le graphique comme c’est le cas des anciennes versions des Model S et X.

Plutôt décevant que Tesla s’éloigne de la configuration originale qui regroupait l’information principale derrière le volant et offrait un immense écran vertical pour les applications.

Cette configuration offrait une information plus complète, réduisait le besoin de naviguer dans des menus et permettait plus de possibilités.

(sur la photo, l’écran de la Model X 2018 avec son GPS et graph en simultanés)

Les recharges

Superchargeurs

L’avantage indéniable de la Model Y, comme toutes les autres Tesla, c’est l’accès au très vaste réseau de recharge rapide Tesla réparti sur plus de 2,500 emplacements et totalisant plus de 25,000 Superchargeurs.

Puisque les Superchargeurs Tesla n’ont aucun système d’affichage, toute l’information de recharge en temps réel se retrouve sur l’écran central, ce qui comprend également la facturation.

BRCC

En plus d’avoir accès à son propre réseau des Superchargeurs Tesla, la Model Y s’accommode très bien du réseau de recharge publique, moyennant un adaptateur pour la norme CHAdeMO.

Vendu au prix de $530 par Tesla, il est possible pour les membres du Club Tesla Québec d’emprunter cet adaptateur gratuitement.

Lors de mon expérience, sur une BRCC de 50 kW, à 83% d’état de charge de la batterie, j’obtenais toujours une puissance de 123 Amp avec 405 V, pour un total de 49.8 kW, ce qui est excellent.

Application cellulaire

Parmi tous les véhicules électriques que j’ai pu expérimenter, l’application en ligne Tesla offre la meilleure interface. Elle est plus rapide et considérablement plus complète.

Partage d’accès

Tout propriétaire de véhicule Tesla doit disposer d’un compte en ligne Tesla afin d’y enregistrer la propriété de leur véhicule et un moyen de paiement automatique pour l’utilisation des Superchargeurs.

Ce compte permet également d’accorder l’accès au véhicule à un maximum de 5 personnes.

Lorsque la personne concernée reçoit une autorisation d’accès, elle en sera avisée automatiquement (voir photo courriel d’accès) et pourra commencer à utiliser l’application Tesla sur son cellulaire (après l’avoir téléchargée évidemment).

Ainsi, par l’entremise de leur téléphone cellulaire intelligent, les autres utilisateurs pourront accéder au véhicule et le conduire, sans en avoir la clé.

Ces personnes auront aussi un accès limité à l’application Tesla sur leur cellulaire pour ce véhicule.

Bien sûr, cet accès peut être révoqué à tout moment.

Écran principal de l’application cellulaire

Une fois connectée, l’application Tesla permet entre autres :

  • Consulter l’autonomie de la voiture;
  • L’état de la voiture (stationnée, en route, en recharge, etc.)
  • Utiliser son cellulaire à titre de clé;
  • Contrôler la climatisation à distance;
  • Accéder à différent contrôle du véhicule;
  • Gérer la recharge à distance;
  • Situer l’emplacement du véhicule sur une carte;
  • Demander un entretien;
  • Vérifier le modèle et le kilométrage;
  • Obtenir le no de série;
  • Vérifier la dernière version des mises à jour;
  • Gérer le système multimédia; et
  • Autres fonctions.

Vous trouverez ci-contre quelques exemples des écrans pour :

  • La recharge;
  • La climatisation;
  • Les commandes;
  • La localisation.

Animaux de compagnie

Pour les propriétaires d’animaux domestiques, la Model Y ne manquera pas de leurs plaire, non seulement pour les dimensions du coffre ou de la banquette arrière, mais pour la possibilité de laisser votre animal de compagnie sans crainte à bord du véhicule dans un stationnement en plein soleil ou en période hivernale par grand froid, le tout grâce au mode chien.

Oui, vous avez bien lu, la Tesla offre un « Mode Chien » qui permet de conserver la température de l’habitacle à un niveau choisi lorsque vous quittez le véhicule. De plus un message s’affichera à l’écran afin que les passants puissent savoir que vous n’avez pas oublié votre animal dans le véhicule.

De la même manière, le système de climatisation offre également un mode « Camp » pour camping, qui dans ce cas maintiendra la température ambiante au niveau choisi jusqu’à ce que la charge atteigne 20%.

Mon appréciation

Tesla a créé une formule gagnante avec ce véhicule qui pourra répondre aux besoins de plusieurs. Espérons maintenant que la fiabilité sera au rendez-vous.

Personnellement, si j’avais à choisir un VÉ demain matin, la Tesla Model Y serait sans hésitation au sommet de ma liste.

Points forts
  • Confort des sièges;
  • Capacité de rangement incluant un passe à ski;
  • Dégagement des jambes avant et arrière;
  • Vivacité, performances et accélérations;
  • Technologie de pointe avec mises à jour (GPS, système d’info, Autopilote, etc)
  • Application cellulaire;
  • Système de sécurité;
  • Réseau des Superchargeurs.
Points faibles
  • Visibilité arrière très limitée;
  • Écran avec menus distrayants;
  • Pas de cache bagage;
  • Clé (carte RFID) peu pratique;
  • Trappe attache remorque fragile et peu accessible;
  • Sièges non ventilés (considérant le prix du véhicule);
  • Coût élevé du système d’autopilotage complet;
  • Poignées encastrées et absences de cadres de fenêtre peu pratique en hiver.

Jean Forget


Merci à Roulez Électrique qui a rendu possible l’essai de ce véhicule.

Sources :

https://www.tesla.com/fr_ca

Un commentaire

  • avjmc@icloud.com

    Comment se fait-il que la finition des derniers modèles Y soit bâclée? Quand on les essaye ça sonne la can… comme si les écrous ne sont pas bien bloqués…. Une belle technologie qu’on oublie de soigner..
    Je vais attendre pour voir les compétiteurs s’ils ont une meilleure finition et garantie.
    Bien à toutes et tous qui veulent être plus vert, mais intelligemment et sagement.
    J-M C.

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